Julia & Thomas

Aujourd'hui, en cours d'Expression & Ecriture, on m'a forcé à écrire. Je veux dire, prendre un stylo pour écrire A LA MAIN (je vous jure !) et inventer quelque chose à partir de presque rien. Style les rédac' de primaire, en fait, vous voyez ?
Il fallait que le texte en question contienne les mots amour, trousse de secours, tronconneuse, vibromasseur, Julia, Thomas, cadavre, barbapapa et St Valentin. Globalement, il semblerait que les autres aient parlé de couples qui vont au cinéma, des trucs normaux, mais moi non, pas moyen, il a fallu que je me fasse remarquer.
Je ne suis pas très douée en fiction, le texte est rempli de clichés, et je n'aime pas trop la fin. Mais je crois que je suis quand même assez fière de ma connerie.


Les rires et les baisers grésillent sous les coeurs gonflés d'hélium, jusqu'aux oreilles de Julia. Toute barbouillée de sucre, elle s'amuse à tirer des fils collants de sa barbapapa écarlate. Son rire, joyeux et cristallin, semble ragaillardir jusqu'aux coeurs secs que la Saint-Valentin avait aigri. Elle est heureuse, car elle est amoureuse. Assise au milieu des buissons, ses boucles brunes volettant autour de sa bouche cramoisie, elle sourit à son ange, son amour, découvrant des dents blanches et prédatrices. Thomas est heureux, lui aussi. D'un coup de scalpel, qu'elle transporte toujours dans sa plus-que-nécessaire trousse de secours, Julia lui a dessiné un grand sourire, d'une oreillle à l'autre. Un sourire sanglant, effrayant, un sourire comme elle les aime. Poussée par une envie irrépressible, elle se penche et embrasse longuement le cadavre, avant de commencer à découper les tendres muscles du cou de son amoureux. Ses mains, pleines de douceur, caressent lentement le corps, macabres préliminaires. Elle songe à sa tronçonneuse, qui lui permet d'être rapide et efficace dans le démembrement de ses amants, mais qui malheureusement est beaucoup trop bruyante pour un endroit aussi public. Le disloquage promet d'etre long. Qu'importe, elle a du temps, et le contact du sang giclant sur sa peau, si agréable, la fait frissonner. Elle ne regrette qu'une chose, n'avoir pu attendre la nuit. Ce soir, dans sa chambre enfantine, les yeux perdus dans les étoiles, songeant aux membres épars de ses conquètes, elle n'aura pour compagnie que son vibromasseur.

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Commentaires

jeudi 12 février 2004 à 06:30, par Corsco :: #

Note pour plus tard: ne JAMAIS plus mettre les pieds à Nancy :P J'espère qu'ils n'ont pas de cellule psy là où tu travailles ;)

Avec un peu de travail, ça pourrait être le début d'un roman noir et irrévérencieux. Comme je les aime.

jeudi 12 février 2004 à 06:41, par Nacara :: #

J'habite Paris.

jeudi 12 février 2004 à 07:03, par Corsco :: #

Je déménage :P

jeudi 12 février 2004 à 07:10, par ram :: #

Glaçante, ton histoire. Miam. ;-)

jeudi 12 février 2004 à 07:22, par lc :: #

euh, je veux pas tout gacher, mais c'est nul ...
je préfére quand tu ne sais pas que tu dois bien écrire ...

jeudi 12 février 2004 à 09:52, par Oo :: #

Hmm lc :

1) C'est loin d'être nul, c'est même plutôt très miam (C)ram.
2) Ca doit pas être évident.

D'aileurs, essayons dans la joie :

Mais pour qui elle se prend cette connasse. Et puis pourqui elle m'a plaqué ? Pour son putain de vibromasseur ?
Elle croit trouver mieux que moi ? Mais le premier qui la touche je le demembre à coups de tronconneuse !
Qu'est ce que je raconte ... Julia, mon trésor ... reviens ...
Depuis trois jours que je gis, effondré comme une barbapapa qu'on aurait trop chargé, parmi les cadavres de pizzas à demi entamées,
j'ai rien pu faire d'autre que ruminer. Tout me fait penser à elle.
Et la radio qui débite des nullités que j'oserais même pas chanter à mon litre de Jack'da.
"Trousse de secours pour notre amour", putain mais des titres comme ça je t'en chie des pelles en me tournant les pouces à l'ANPE.
Et ça arrive quand même à me faire déprimer. J'suis trop con.
Pfff ....
'Me l'avait pourtant dit "Continue comme ça, Valentin, et tu verras."
Moi et mon putain de syndrome de Saint Thomas.


C'est tout naze ... et pourtant ...
J'EN AI EU UN DE CES MAL ! c'est dur. Toujours un mot qui veut pas se placer. :/


jeudi 12 février 2004 à 10:14, par wilou :: #

Des gyrophares, des sirènes, c'est toujours le même spectacle. Ca fait 3 ans qu'elle fait ce boulot de merde qui lui sort par les yeux. Trois ans passés à contempler la fragilité de l'homme. Elle espère que ce soir sera plus calme. Comme chaque année, la Saint Valentin annonce une soirée de flottement et de calme. Comme chaque année elle prendra son service à 22h00 et devra ingérer les cascades d'imbécilités des émissions dont le but est d'empecher les gens de refléchir. Une sorte d'obscurantisme politique qui noie les quelques neurones encore en vie dans des films d'amour à l'eau de rose qui fait poser des flaques à la ménagère de plus de 50 ans. Sûrement à cause de la frustration culturelle de ne pouvoir trouver du plaisir toute seule avec un vibrosseur, ce qui rabaisserait le mâle de la maison à son rang : un bon à rien qui pense avec sa petite bite, incapable de faire jouir sa femme et qui s'en fout. La sonnerie retentie. Tiens, de l'action se dit-elle en se dirigeant vers les urgences. Allongés sur la table, un jeune homme qui, saura-t-elle plus tard, s'appelait Thomas, comme son ex dont le seul souvenir qu'elle gardera est la violence. Il avait été retrouvé près du bois et vu que le médecin légiste était sûrement en train de niquer une pute ( il prenait un jour de congés par mois ), s'était à Julia qu'incombait la tâche de l'autopsie, sur demande du commissaire. Elle avait amené candidement sa trousse de secours, voyant très bien que du coton et de la bétanine ne servirait à rien. Elle n'eu nul besoin de scalpel, son diagnostic était déjà établi. Elle en avait vu trop en 3 ans pour ne pas reconnaitre les traces d'un accident sur un cadavre. En général, la tôle froissée devenait coupante, mais pas trop, ce qui laissait des traces ressemblant à un coup net de tronçonneuse dans un quartier de boeuf. Elle pris la barbapapa que sa petite amie avait apporté pour le reveil de Thomas et alla la déguster en finissant de regarder les conneries audiovisuelles de la télévision publique. Thomas ne pourra plus faire sa demande en marriage.

jeudi 12 février 2004 à 10:17, par wilou :: #

désolé pour les fautes

jeudi 12 février 2004 à 10:55, par Corsco :: #

(je vais m'y essayer aussi... genre blog ;) )

Saint Valentin. Saint connerie, oui! Rien qu'une simple journée comme les autres. Peut-être avec un plafond nuageux un peu plus bas qu'à l'ordinaire.

Saint Valentin. Pas de Pierce Brosnan déguisé en Thomas Crown à l'horizon. Personne pour me demander si je veux dancer. "You wanna dance... or you wanna dance?".

Saint Valentin. Certainement pas la Saint Julia. Je me vois déjà ouvrir le tiroir de la table de nuit, la "trousse de secours" où je cache mes trompe-l'amour.

Saint Valentin. Moi et un vibromasseur sur le couvre-lit. En tête à tête. La dance macabre de mon bras. Masturbation instrumentée. Autant faire l'amour à un cadavre.

Saint Valentin. Saint plastique. Rien pour remplir l'âme et le corps. Pas d'homme, pas de couple, pas d'enfant, pas de fête foraine, pas de manèges ni de barbapapa.

Saint Valentin. Le vide. Aussi excitant et mortel qu'un "Vendredi 13" ou un "Massacre à la tonçonneuse". Le sang en moins.

Saint Valentin, je te hais.

jeudi 12 février 2004 à 12:55, par flo :: #

Toutes les personnes aux boucles brunes sont délicieusement détraquées, c'est bien connu ;)

jeudi 12 février 2004 à 13:31, par mewn :: #

Très réussi, cela a certainement été bien jouissif à écrire ;-)

jeudi 12 février 2004 à 13:39, par Nacara :: #

En fait, ce texte, je l'aime bien jusque "préliminaires". Après, c'était vraiment juste pour placer "tronconneuse" et "vibromasseur"...

jeudi 12 février 2004 à 14:08, par trey :: #

Personnellement j'aurais plutôt fait de l'anti-jeu, par exemple:

JULIA et THOMAS en sont à ce stade où l'on essaye pathétiquement, dans une relation amoureuse, de se chercher des points communs."Dis moi, sans reflechir, les ?? mots qui te viennent à l'esprit, à cet instant précis." Julia naturellement, se prète au jeu."Okay alors : TRONCONNEUSE, TROUSSE DE SECOUR, CADAVRE...". Moment d'hésitation, causé par l'effroi qu 'essaye de contenir son homme; elle se reprend et hasarde : "ST VALENTIN (?)". Voyant que ça se decrispe du cotès du mâle, elle se concentre (" essaye de penser au truc le plus mignon-gnan-gnan qui puisse éxister") et finit par lacher "BARBAPAPA" dans ce soupir que l'on pousse lorsque l'on vient d'éviter l'incident diplomatique. Faussement decontracté, thomas entend à peine la question provennant de quelque part sur sa gauche "à quoi tu penses, mon AMOUR?"; il se repète sans cesse "impossible que je mette mon penis dans cette guillotine sur pattes une fois de plus...à partir de ce soir, pour elle, c'est régime VIBROMASSEUR"

Voila. Rendement resultat/effort optimisé.

jeudi 12 février 2004 à 15:14, par lc :: #

<essè ossi>

De la barbapapa à la barbe de papa,
j'ai appris d'elle que d'arithmétique en orthographe il y des moyens pour progresser, ...

Inutile.
Société, sais-tu, que pour te plaire, je suis devenu le cadavre de mon coeur ?

Evidemment.
Tronçonneuse d'amour!, tu as toujours une solution dans ta trousse de secour : poupée glonflable ou vibromasseur ...

Inutile.
Rebellion est déjà là, et a tué,
Saint-Valentin, Saint-Thomas et tout les Saints, qui me laissaient, encore une fois, souffler à mon première amour toujours, "Je t'aime", Julia;

jeudi 12 février 2004 à 18:42, par Le trouite :: #

Allez je passe jamais, moi aussi je m'y mets :

Le jour de la Saint-Valentin, Julia Barbapapa (son vrai prénom), aimait d’amour Thomas Cadavre (un nom d’emprunt, parce qu’il n’aimait pas le sien).
Comme cadeau, en ce jour heureux, pour sa jolie Julia, Thomas sorti de sa trousse de secours un vibromasseur en forme de tronçonneuse panée (ouais, panée).

jeudi 12 février 2004 à 18:42, par _F_ :: #

"L’amour d'une trousse de secours, d'une tronçonneuse ou d'un vibromasseur, comme l'a écrit Julia, n'est pas à prendre au sens littéral mon cher Thomas. C'est le résultat d'un cadavre exquis, un jeu littéraire dans une structure grammaticalement correcte mais aussi ridicule parfois qu'offrir une barba papa à la St Valentin."

vendredi 13 février 2004 à 02:58, par Satanic Kitten :: #

Vous êtes TOUS délicieusement barrés.
Je vous aime.

vendredi 13 février 2004 à 04:32, par iria :: #

j'aime beaucoup ça me rappelle corps exquis en version hétéro :x

vendredi 13 février 2004 à 11:26, par Matoo :: #

Le post est excellent, les commentaires en donnent un truc supplémentaire irrésistible ! :o)))

samedi 14 février 2004 à 05:41, par gaelle :: #

Il y a un an, j'étais tombée sur un site (un weblog il me semble, mais je n'en mettrai pas ma main à la tronçonneuse), qui proposait cet exercice à des bloggeurs (ça j'en suis sure). Leur faire écrire un post en les obligeant à y placer une dizaine de mots (en cours, on appelait ça des "textes à contraintes" dans la lignée des cadavres exquis et compagnie...). Bien que ce soit, pour la littérature, ce que le vibro est à l'amour : un bien maigre entraînement, ça permet en général, comme une barbapapa, de faire un texte plein de vent autour d'une concept bien rigide (les mots imposés...). En revanche, le fait de devoir y placer des prénoms (pierre, paul, jacques, julia, thomas), devient un peu l'échappatoire de ceux qui manquent d'imagination, leur trousse de secours, tout le monde appelera ses héros comme ça. Ca fait plus que 8 termes "difficiles" à insérer.

Bref, mais je ne me souviens plus de l'url. C'est con, aujourd'hui on aurait eu un beau thème sur la Saint Valentin je pense.

samedi 14 février 2004 à 09:13, par lc :: #

#nice gaelle

lundi 16 février 2004 à 14:14, par :: #

Very excellent...

mercredi 18 février 2004 à 11:09, par deci :: #

gaelle : Délicieux... léger... tout le contraire des mots imposés. Ils passent tout seuls... comme le papa dans la maman...

mercredi 18 février 2004 à 11:16, par Nacara :: #

Je tiens quand même à faire remarquer que il s'agit d'un exercice qu'on m'a imposé en cours d'écriture, que je n'y suis par conséquent pour rien dans son énoncé, et que je n'ai demandé à personne de le faire ici.

mercredi 18 février 2004 à 13:48, par lc :: #

oh la vilaine, tention sinon panpan kuku, vous êtes prévenus ...

mercredi 18 février 2004 à 16:30, par mélanie :: #

Ca ressemble à s'y méprendre à du Poppy Z. Brite!

vendredi 20 février 2004 à 12:46, par brimont pierre :: #

t'es malade ma grande va te faire soigner. C chelou tt ça

samedi 21 février 2004 à 04:53, par Le Spib :: #

- Mouiiii. Dites-moi, pour finir et sans réfléchir, tous les mots qui passent par votre esprit.
- Euh... voyons... Saint Valentin, amour, Thomas... Julia, tronçonneuse, cadavre ! Vibromasseur, Barbapapa...
- Merci. Cela suffira amplement. Votre cas est, je le crains, typique : Syndrôme de Merenkoff-Koblenz par dégénérescence somatique de Fenton. Je me vois donc au regret de vous faire suivre une thérapie de choc. Rassurez-vous toutefois : vous pourrez toujours aller donner vos cours d'Expression et Ecriture.

samedi 21 février 2004 à 04:57, par Le spib :: #

- Trousse de secours ! Bien sûr ! J'aurai du lui dire trousse de secours. Il aurait certainement eu un diagnostic différent.

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